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Vendredi 21 avril 2017

L’entente entre les maillons de la filière, gage du succès de la viande bio


La viande bio a toujours le vent en poupe, selon un sondage Ifop, rendu public le 20 avril. Pour les acteurs, c’est l’engagement de chacun qui est à l’origine de cette réussite.


« Ce qui fait la solidité de notre édifice commun, c’est notre engagement », a relevé Franck Bardet, responsable filière viande chez Biocoop le 20 avril. Lors de la présentation par Interbev des résultats d’un sondage de l’Ifop sur la consommation de viandes bio en France, distributeurs et éleveurs ont évoqué l’importance de cet « engagement » qui se traduit par des contrats entre les acteurs. Les résultats du sondage sont plutôt très positifs surtout dans un contexte où « la viande n’est pas toujours à l’honneur » (mouvement vegan, film sur les abattoirs, crise économique, etc), rappelle Philippe Cabarat, président de la Commission bio d’Interbev. À l’origine, une entente entre les maillons de la filière. « Oui, il est possible d’avoir des fermes de 1 000 vaches en bio ! Mais c’est l’engagement de tous les acteurs qui va faire la différence », explique Philippe Cabarat. Le règlement européen concernant le bio reste vaste, mais « c’est l’accompagnement des acteurs qui va donner la couleur du bio français », selon lui.

Une stabilité de revenu sur le long terme

Philippe Cabarat évoque le bien-être animal, la question de l’abattage sans étourdissement, de l’alimentation, etc., mais sans parler de cahiers des charges supplémentaires. « Entrer dans une logique où l’on ne déçoit pas le consommateur est l’engagement de notre filière », souligne de son côté Franck Bardet. « Le plus gros risque, c’est que les opérateurs travaillent chacun de leur côté », selon lui. Il évoque des contrats sur 3, 5 et 7 ans « qui apportent une visibilité et permettent d’amortir les investissements » des éleveurs. Pour Hervé Longy, éleveur de porcs et bovins bio, « il est important de co-construire une filière, même avec le consommateur ». Il confirme une meilleure qualité de vie et un meilleur revenu avec sa production bio. Philippe Cabarat évoque même, dans le cadre de la filière bio, de « prod’acteurs » afin de montrer également l’investissement des producteurs dans le bon fonctionnement de cette filière. Jean-François Deglorie, animateur à la commission bio d’Interbev, estime que la stabilité et la visibilité sur le long terme passe aussi par une caisse « où mettre de l’argent de côté quand tout se passe bien ».

L’achat de viande bio, un acte citoyen

D’après ce sondage Ifop, la viande bio est toujours très bien perçue des consommateurs ; une tendance stable depuis 2015. Ainsi, 71 % des personnes interrogées consomment de la viande bio et 79 % d’entre eux estiment que cette viande est issue d’élevages respectueux de l’environnement. 77 % considèrent qu’elle est bénéfique pour la santé et pour l’environnement et 62 % affichent son achat comme un acte citoyen. Le sondage, réalisé récemment, a porté sur un échantillon de 1 001 personnes représentatif de la population française. « Le sondage présente ce que perçoit le consommateur derrière la viande bio. Mais il faut relativiser les chiffres. 71 % des Français consomment de la viande bio, certes, mais elle ne représente que 3,5 % du marché des viandes vendues en France », relevait Philippe Cabarat. Six Français sur dix trouve légitime de payer la viande bio plus cher et 70 % d’entre eux considèrent que cet achat permet de mieux rémunérer le producteur. Les conversions vont bon train chez les producteurs et comme le prévient Philippe Cabarat, au sein d’Interbev, « nous travaillons pour éviter de retomber dans la facilité du conventionnel ».

« 71 % des Français consomment de la viande bio, certes, mais elle ne représente que 3,5 % du marché des viandes vendues en France »

ED



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