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Vendredi 10 mars 2017

L’emploi partagé : une opportunité pour les chefs d’exploitation et pour les salariés


Les chefs d’exploitation recourent de plus en plus à l’emploi partagé, mais il manque des candidats. L’Anefa et la FNGEAR ont profité du Salon de l’agriculture pour rappeler tous les atouts de ce type de contrat, pour les salariés et pour les agriculteurs.


La saisonnalité du travail agricole a justifié la création des premiers emplois partagés il y a près de 30 ans ; aujourd’hui la conjoncture économique et la multiplicité des tâches agricoles renforcent, si c’était encore nécessaire, la pertinence de ce type de contrat, ont expliqué ensemble l’Anefa (Association nationale emploi formation en agriculture) et la FNGEAR (Fédération nationale des groupements d’employeurs agricoles et ruraux), le 28 février au Salon de l’agriculture. En 2016, la France comptait plus de 3 800 groupements d’employeurs agricoles et ruraux (GEAR) (soit 80 % des groupements d’employeurs toutes activités confondues), en hausse de 17 % par rapport en 2003. En 2014, 84 000 contrats ont été signés dans les GEAR.

Diversité des missions et temps plein pour les salariés

Contrairement aux idées reçues qui peuvent freiner les salariés potentiels, dans plus de 80 % des cas, les contrats signés en 2016 étaient des temps pleins, a expliqué Philippe Faucon, éleveur et président de la FNGEAR. En cumulant les besoins saisonniers de diverses productions, un ouvrier agricole peut passer d’un employeur à un autre, sans changer de contrat, et travailler ainsi à temps plein sur l’année, explique le FNGEAR. L’organisation a même, dans plusieurs régions, noué des partenariats avec les services de remplacement qui permettent, lorsque les GEAR n’arrivent pas à proposer un temps plein, de compléter l’emploi du temps du salarié au sein du service de remplacement.

Autre atout pour le salarié en emploi partagé : « la diversité des contacts et des missions ». En agriculture déjà, les tâches tendent à varier, avec l’apparition des nouvelles pratiques et nouvelles technologies. De même, en zone rurale, le « multisectoriel » se développe, explique l’Anefa. Un même salarié peut par exemple « s’occuper de l’élevage, vendre des fromages en magasin et faire des ménages dans des gîtes d’agritourisme ».

Souplesse pour les employeurs

« Depuis un an, on a remarqué un fort développement du recours à l’emploi partagé dans les élevages laitiers », a témoigné Valérie Heyser, conseillère emploi-formation du réseau Anefa d’Ille-et-Vilaine. « Ceux qui recourent à l’emploi partagé sont des chefs d’exploitation qui auraient besoin de salariés à temps plein mais qui n’ont pas le budget en cette période de crise ». L’emploi partagé est ainsi une solution pour adapter le budget main-d’œuvre aux capacités de trésorerie des exploitations, expliquent l’Anefa et la FNGEAR.

Pour les chefs d’exploitation qui n’ont encore jamais embauché, entrer dans un groupement d’employeur nécessite d’acquérir de nouvelles compétences de management. « L’Anefa propose des formations », a indiqué Valérie Heyser. Car être un bon manager permet de fidéliser les salariés. Un élément essentiel pour les employeurs, car à l’heure actuelle, les bons candidats à l’emploi partagé ne sont pas assez nombreux. Parce qu’il y a plus d’offres que de candidats, mais également parce qu’« il y a un manque de salariés polyvalents », selon René Debons, éleveur et vice-président de la FNGEAR.

L’emploi partagé : une solution pour adapter le budget main-d’œuvre aux capacités de trésorerie des exploitations

BB



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