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Vendredi 09 février 2018

Inflations sociétales


À en croire l’actualité, les acteurs du secteur agroalimentaire n’ont pas attendu la mise en œuvre des plans de filière pour prendre en compte les préoccupations sociétales. Chaque semaine, les initiatives se multiplient. Ainsi on assiste au lancement d’un collectif d’une vingtaine d’entreprises productrices de fruits et légumes qui construit une filière « zéro résidu de pesticides ». Côté animal, c’est le groupe breton Cooperl qui veut donner une nouvelle dimension au porc sans antibiotiques dès la naissance, avec sa marque Brocéliande. Et dans le même temps, quatre acteurs agroalimentaires, Sodebo, Fleury Michon, les groupes coopératifs Terrena et Advitam, lancent la démarche Ferme France visant à promouvoir un étiquetage sociétal. Et même Intermarché lance une brique de lait qui rémunère mieux l’éleveur laitier que la brique "C qui le patron ?" alors que la semaine précédente il faisait des méga-promo sur le Nutella.

Toute la question est de savoir comment le consommateur va appréhender tout cela. Sans aucun doute, les promesses de produits alimentaires « sans » trouveront leur public car le message est simple et manichéen. En revanche, les étiquetages basés sur une notation qui évalue les pratiques agricoles sur différents critères sont complexes à appréhender. Ils font appel à de la pédagogie et à l’ouverture d’esprit du consommateur. La volonté de fédérer les initiatives du même type dans une démarche commune est louable, mais toutes les entreprises qui se lancent dans le « sociétal » utilisent justement cet argument pour se démarquer de leurs concurrents. Pas sûr qu’ils acceptent d’être dilués dans une démarche chapeau qui leur enlèverait toute aspérité. Pourtant, sur des sujets aussi sensibles vis-à-vis des citoyens, l’union fait la force.

Nicole OUVRARD



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