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Vendredi 19 octobre 2018

Immigration et robotisation


Une alternative monte en puissance dans les pays du Nord où les filières agricoles gourmandes en main-d’œuvre, comme les fruits et légumes, peinent de plus en plus à recruter. L’alternative : faire travailler davantage de personnes étrangères ou robotiser. C’est ce que met notamment en avant notre enquête aux Etats-Unis : en moyenne, les Américains ne veulent pas travailler dans les champs à moins de 25 $ de l’heure. À ce compte, explique un économiste américain, il est moins cher de robotiser. D’ailleurs, des start-up fleurissent actuellement en Californie – propulsées à coups de millions de dollars – qui promettent l’automatisation de la récolte de fruits et légumes. Si rien n’est fait, c’est le robot qui devrait l’emporter. Ce choix, entre le robot et l’immigré, est particulièrement complexe pour les partis conservateurs car, souvent, ils sont à la fois défenseurs d’une ruralité vivante pourvoyeuse d’emplois – pour qui le robot représente une menace – et d’une immigration au compte-gouttes – qui favorise la robotisation. En clair, un contrôle trop strict aux frontières peut être néfaste pour les économies rurales qu’ils défendent. C’est le problème que doit arbitrer Donald Trump. Après des annonces fracassantes contre l’immigration, son administration semble revenir en arrière, dans le cas de l’emploi agricole, en prônant le développement du travail temporaire des étrangers, comme ce fut le cas par exemple en Australie ou en Nouvelle-Zélande.

Rédacteur en chef

Mathieu Robert



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