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Vendredi 08 septembre 2017

Foie gras du Sud-Ouest : pas de retour à la normale avant printemps 2018


La reprise de la production du Sud-Ouest est actuellement freinée par le manque de canetons, après que la quasi-totalité du cheptel reproducteur de la région a été décimé. Au niveau national, la production de canetons à destination du foie devrait reculer à une vingtaine de millions de canetons en 2017, contre 30 millions en 2016 et 40 M en 2015. La production de foie gras disponible pour les fêtes de fin d’année devrait reculer de 5 à 10 %, estime le représentant des acouveurs au Cifog.

La production de foie gras du Sud-Ouest ne devrait pas retrouver son niveau normal avant le printemps 2018, a confié à Agra Presse Christian Lalanne, représentant des accouveurs au bureau de l’interprofession du foie gras (Cifog), le 7 septembre. Depuis la levée du vide sanitaire le 29 mai, la reprise de la production du Sud-Ouest est freinée par le manque de canetons. La quasi-totalité du cheptel reproducteur du Sud-Ouest (25-30 % du cheptel national) a été décimée lors de la dernière crise d’influenza aviaire, et il faut compter six mois pour retrouver des animaux prêts à pondre. Sur le terrain, « toutes les mises en place de canetons sont décalées », explique Christian Lalanne. La reprise de la production est « très inégale en fonction des organisations économiques, confirme le président du Cifog Christophe Barrailh. La provenance des canetons est stratégique ; les organisations s’approvisionnant auprès de couvoirs du Sud-Ouest sont fortement pénalisées ». Au niveau national, la disponibilité de canetons est actuellement inférieure de 5 à 10 % par rapport à l’année dernière (-15 à -20 % dans le Sud-Ouest), rapporte Christian Lalanne. En 2017, les accouveurs ne devraient commercialiser que 22 à 23 millions de canetons destinés au foie gras, contre 30 M en 2016 et 40 M en 2015, selon Christian Lalanne. L’interprofession s’attend à une nouvelle baisse de 5 à 10 % de la production de foie gras disponible durant les fêtes de fin d’années 2017. « Il y aura du foie gras pour les fêtes, mais il sera plus cher », rassure Christian Lalanne.

À paraître, un arrêté « transports » et un accord interprofessionnel

La reprise est également tributaire de l’aval des autorités sanitaires qui contrôlent localement les mises aux normes liées aux nouvelles réglementations, publiées au printemps pour les dernières. Capacité de couverture des animaux, sas, bacs d’équarrissage… Un cycle de construction de nouveaux bâtiments est engagé. Et le renforcement de la biosécurité n’est pas encore terminé ; un accord interprofessionnel est toujours dans les cartons, qui doit compléter les mesures imposées par les pouvoirs publics. Il devrait notamment porter sur les déclarations obligatoires de mouvements des animaux, explique Christophe Barrailh. Pour compléter le dispositif, un arrêté « transports » doit également paraître prochainement pour fixer les nouvelles régles de biosécurité à respecter, notamment la mise en place de flottes de camions distinctes pour les canards maigres et les canards gras.

En 2017, les accouveurs ne devraient commercialiser que 22 à 23 millions de canetons destinés au foie gras, contre 40 millions en 2015

La CFA dénonce des retards de versement des indemnisations

Alors que les fabrications de foie gras reprennent dans le Sud-Ouest, les éleveurs de la Confédération français de l’aviculture (CFA), ainsi que de la FNSEA et des JA dénoncent, dans un communiqué le 7 septembre, des retards dans le versement des indemnisations du vide sanitaire imposé par les pouvoirs publics pour endiguer la crise de l’influenza aviaire. Des inégalités de traitements inexpliquées sont observées sur les avances et les soldes liés aux vides sanitaires 2016 et 2017, rapporte-t-on à la CFA. Le Modef des Landes confirme le retard de ces paiements annoncés initialement pour juin. « Ça commence à tomber depuis début septembre », nuance toutefois son président Serge Mora. Les éleveurs de la CFA, des JA et de la FNSEA regrettent également que la période indemnisée n’aille pas au-delà de la date autorisée de remise en élevage (29 mai), alors que « bon nombre d’éleveurs […] n’ont pas pu remettre en production leur élevage pendant plusieurs semaines après cette date », en particulier les gaveurs.

Les entrepreneurs veulent une extension des durées d’épandage

Pour s’adapter aux nouvelles règles de biosécurité en aviculture, présentées au printemps, la Fédération des entrepreneurs de travaux agricoles (FNEDT) demande, dans un communiqué le 5 septembre, une extension de la durée légale des épandages. Elle met en avant que l’obligation de nettoyage et de désinfection du matériel réduit le temps disponible pour l’épandage en lui-même. La FNEDT fait également valoir que les différentes mesures de biosécurité renchérissent le prix des services que les entrepreneurs apportent aux agriculteurs : elles « rajoutent 700 euros par chantier en nettoyage, quelle que soit la quantité d’effluent épandu ». Les entrepreneurs demandent que ces coûts supplémentaires soient « répercutés dans le prix de vente » des agriculteurs.

MR



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