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Vendredi 21 septembre 2018

Flou budgétaire


Bercy veut relancer l’épargne de précaution car selon la formule consacrée cet outil n’avait « pas trouvé son public ». Une réforme a donc été annoncée par Edouard Philippe, cette semaine, qui supprime les principaux freins à son utilisation, permettant ainsi aux agriculteurs de disposer plus facilement de cette trésorerie à « moindre frais » – quand bien même ils n’auraient pas été touchés par quelque aléa. Et Bercy semble vouloir s’en donner les moyens, car aucun plafond de dépense publique n’est encore prévu. C’est sur ce point, le budget, qu’il faudra être vigilant et que les calculs s’annoncent compliqués. Car si elle rencontre le succès escompté, il est peu probable que la nouvelle épargne de précaution engendre, à long terme, une hausse des dépenses de l’État. En tous les cas, cela n’a pas été présenté comme tel par les cabinets des ministères concernés. Il faut plus vraisemblablement s’attendre à ce qu’en parallèle, à mesure que cet outil se développe, l’État intervienne moins par ailleurs : faut-il s’attendre à ce qu’il agisse de moins en moins « en pompier », comme il le fait avec le Fonds d’allégement des charges (Fac) les années de crise. Cela semble être l’esprit poursuivi, et cette gestion des fonds publics serait probablement plus saine, en ce qu’elle épargnerait peut-être aux agriculteurs de faire, à chaque aléa, des pieds et des mains pour obtenir de l’État le déblocage de ces fonds de « secours ». Mais alors il serait difficile d’évaluer les budgets publics consacrés à la gestion des aléas, puisque la nouvelle épargne peut être mobilisée des agriculteurs… non touchés par des aléas ?

Mathieu ROBERT



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