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Vendredi 08 septembre 2017

Fini les réformes


C’est à n’y rien comprendre. L’an passé, alors que toutes les filières étaient en crise, tous les politiques ne juraient que par une modification en profondeur de la Pac qui, à force de réformes successives, n’était plus capable de sécuriser le revenu des agriculteurs européens. Phil Hogan avait créé une Task force qui concluait en novembre 2016 que les objectifs de la Pac devaient l’emporter sur le droit de la concurrence. Le champ des possibles était alors ouvert pour réinventer une politique plus efficace et protectrice.

Mais en ce début de septembre, le ton a bien changé. Fini les envies de réformes. Place au pragmatisme budgétaire. Surtout ne rien changer, ou alors le moins possible. Le règlement omnibus ? Pas question pour les ministres de l’Agriculture européens d’en faire une mini-réforme comme l’envisageait le parlement européen. La gestion des risques ? Ceux-ci estiment que les outils existants sont bien suffisants, il suffit de les rafistoler un peu. Et la prochaine réforme de la Pac ? La Commission veut rayer ce terme de son vocabulaire.

La Pac, et son système d’aides découplées, est à bout de souffle, mais il n’y a plus personne pour renverser la table. Le comble, c’est qu’aujourd’hui, les filières qui sont montrées en exemple, comme le vin ou le comté, sont justement celles qui ont tout fait pour déroger le plus possible aux règles de la Pac et pour se garder des outils de régulation de leur offre.

La Pac ressemble de plus en plus à un paquebot ingouvernable qui va tout droit vers l’iceberg. Et pendant ce temps, la France planche sur ce qu’elle peut faire, à son niveau, dans le cadre des Etats généraux de l’alimentation. Espérons qu’elle se montrera plus « agile ».

Nicole OUVRARD



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