Identification Abonnement

Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Vendredi 26 octobre 2018

Epidémiologie versus toxicologie


L’étude épidémiologique de l’Inra sur la consommation de produits bio est un choc. Elle montre que les consommateurs réguliers de bio auraient 25 % de risque en moins de développer un cancer. Si ces résultats sont confirmés, les résidus de pesticides de synthèse dans l’alimentation deviendraient une cause majeure de cancer, équivalente à la cigarette ou à l’alcool. Au-delà des incidences potentielles en termes de politique agricole, cette étude pose un problème à la communauté scientifique : une corrélation de cette ampleur n’avait encore jamais été décelée. Ce résultat sort pour ainsi dire, de nulle part, ce qui n’est pas acceptable compte tenu du nombre d’études existantes sur le sujet. Le choc est potentiellement agricole, mais il est déjà scientifique. Si cette étude a été réalisée dans les règles de l’art, elle nous pousse à nous demander laquelle des disciplines scientifiques impliquées dans l’évaluation sanitaire des phytos a fait défaut : l’épidémiologie sur laquelle se base cette étude ou la toxicologie qui sert de base à l’évaluation sanitaire des produits phytos ? Il faut éclaircir rapidement cette question, au risque de voir chuter durablement la confiance accordée par les citoyens à la communauté scientifique dans son ensemble. Les consommateurs eux devraient faire sentir ce manque de confiance assez rapidement, en se ruant durant les prochaines semaines sur les produits bio des rayons de supermarchés.

Mathieu Robert



Téléchargement