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Vendredi 01 septembre 2017

Diagnostic


Alors que les premières réunions d’ateliers se tiennent à Paris dans le cadre des Etats généraux de l’alimentation, Stéphane Travert le dit et le répète : désormais, on connaît le diagnostic qui est partagé par tous, passons aux propositions pragmatiques. Dans l’esprit du ministre de l’Agriculture, ce diagnostic porte sur un déséquilibre dans la répartition de la valeur au détriment des agriculteurs.

Tout le monde partage le diagnostic ? Pas si sûr. Pour la FNSEA, les industriels de l’agroalimentaire (Ania), Coop de France, les entreprises qui fournissent la distribution (Feef), l’industrie de la grande distribution (Ilec) et la distribution (FCD), avant de parler de répartition de la valeur, il faut d’abord parler de valeur tout court. Selon ces six organisations, qui représentent tous les maillons de la chaîne alimentaire sauf les consommateurs, les maux viennent d’abord du fait que l’UE et la France font, depuis 20 ans, une politique visant à faire baisser le prix des produits alimentaires, en vertu du sacro-saint « pouvoir d’achat ». Il s’agit donc pour elles de casser cette spirale déflationniste pour inverser la vapeur. Pas question, répond le ministre qui rappelle que l’on vit dans un monde libéral.

Pourtant, si l’État a su mettre en œuvre une législation pour faire baisser les prix, on est en droit de se dire qu’il est capable de desserrer l’étau sur les prix des produits alimentaires pour les laisser remonter. La question est désormais de savoir si l’État va se contenter de jouer les gentils organisateurs pour faire naître des consensus entre les acteurs ou bien s’il saura taper du poing sur la table pour changer les règles commerciales, y compris du droit de la concurrence, en faveur des agriculteurs. Réponse dans quelques mois.

Nicole OUVRARD



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