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Vendredi 20 juillet 2018

Deux LMR pour un même risque


Selon le ministre de l’Agriculture français – qui dénonce cet état de fait –, le règlement communautaire accorde aux pays exportant vers l’Union européenne une souplesse incompréhensible : la « tolérance à l’importation ». D’après ce principe inscrit dans les textes européens, les pays tiers peuvent demander une dérogation à la Commission européenne afin que leurs exportations alimentaires ne respectent pas les limites maximales de résidus (LMR) en vigueur dans l’UE. En particulier lorsque cette LMR « ne permet pas de répondre aux nécessités du commerce international », indique la réglementation européenne. Et ces pays obtiennent parfois de telles dérogations.

Alors certes, chacun pourra débattre sans fin sur le fait que l’UE importe des produits issus de pays qui ne respectent pas complètement – voire pas du tout – les mêmes normes sociales ou sanitaires que les nôtres, qui ne protègent pas aussi bien les milieux naturels ou les animaux que nous le faisons. Autrement dit, que l’UE n’applique généralement pas dans ce qu’elle importe, ce à quoi elle s’astreint dans ce qu’elle produit.

Mais que l’UE fasse appliquer strictement les LMR aux produits qu’elle importe ne devrait pas faire débat. Car il en va cette fois de la protection des consommateurs européens. Si les LMR ont été fixées à un certain seuil pour les produits européens, c’est que l’UE estime qu’il existe un risque lorsque l’on dépasse ce seuil. Et ce risque est le même que le produit soit français ou étranger. Il ne peut y avoir deux LMR pour un même risque.

Mathieu ROBERT



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