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Dacian Ciolos clôt le débat public sur la réforme de la PacClôturant le 20 juillet le débat public sur l’avenir de la Pac, Dacian Ciolos a indiqué les grandes lignes jalonnant sa communication sur la réforme qui sera adoptée en novembre par la Commission européenne. Un exercice délicat pour le commissaire à l’agriculture qui entend réconcilier approches économique, environnementale, sociale et territoriale. «Les soutiens publics doivent être mieux répartis, mieux ciblés et plus lisibles », a souligné Dacian Ciolos, le 20 juillet à Bruxelles, à l’issue d’une conférence de deux jours visant à tirer les conclusions de la consultation publique sur l’avenir de la Pac, lancée en avril par la Commission européenne, à laquelle ont pris part six cents personnes venues d’horizons très différents. Le commissaire à l’agriculture, qui présentera en novembre une communication sur l’agriculture européenne après 2013, entend proposer « un système efficace et équitable pour l’ensemble des Etats membres, de leurs régions et de leurs agriculteurs ». « Le succès de la consultation démontre tout l’intérêt que portent les agriculteurs, et l’ensemble des citoyens, à cette Pac qui constitue un pilier de la construction européenne », a déclaré Sabine Laruelle, la ministre belge de l’agriculture et présidente du Conseil de l’UE. Les conclusions de cette conférence, a-t-elle précisé, seront évoquées lors du conseil agricole informel qui se tiendra du 19 au 21 septembre à La Hulpe dans la périphérie de Bruxelles. « Nous approfondirons l’un ou l’autre point pouvant encore faire l’objet de divergences de vues et nous tenterons de dégager un consensus le plus large possible », a déclaré Mme Laruelle. Pour sa part, Paolo De Castro, président de la commission de l’agriculture du Parlement européen, a jugé essentiel de « bâtir une Pac moderne qui soit à la hauteur des défis de l’avenir ». La Pac, a-t-il dit, ne doit plus être considérée comme « une politique sectorielle », mais comme une politique « au service de tous les citoyens européens ». Quant à l’eurodéputé vert José Bové, il s’est réjoui du « vrai changement » que représente selon lui cette consultation. A ses yeux, la conférence a donné le sentiment qu’ « on n'est plus dans une Pac liée uniquement à la logique de l'industrie agroalimentaire et du grand business ».
Une Pac tournée vers les territoires
Dans son discours de clôture, M. Ciolos a martelé que le premier pilier (aides directes et soutien des marchés) doit devenir cet outil qui permettra de réconcilier approches économique, environnementale, sociale et territoriale, préfigurant ainsi les orientations de sa future communication sur la réforme de la Pac après 2013. La nouvelle Pac devra promouvoir une « agriculture compétitive », mais aussi « toujours plus durable », tout en ancrant « les exploitations et l'emploi sur leur territoire, y compris là où il est plus difficile d'exercer le métier d'agriculteur », a expliqué le commissaire. L’importance territoriale « des agricultures européennes » est une dimension qui a emergé avec plus de force que par le passé, a-t-il ajouté. Une dimension qui, selon lui, devra largement être prise en compte au travers de la politique de développement rural (deuxième pilier) dont l’objectif sera de permettre de moderniser les exploitations, de déployer des moyens nouveaux dans le domaine de l’innovation, d’œuvrer à la diversification des zones rurales, de pérenniser un secteur agricole en proie à la volatilité des marchés et de traiter de manière horizontale les défis complexes liés au changement climatique.
Un filet de sécurité solide
La protection de l’environnement constitue aussi pour M. Ciolos un défi majeur à relever. L’agriculture, a-t-il souligné, « doit améliorer ses pratiques de production et réduire ses émissions de carbone, adapter ses pratiques car elle est la première victime de la hausse des températures et de la violence accrue des aléas climatiques ; et, plus largement, apporter des réponses à la société pour lutter contre le changement climatique ». Par ailleurs, répondant à certaines inquiétudes sur le sort qui sera réservé aux mesures de prévention et de gestion des risques, le commissaire à l’agriculture a précisé qu’un filet de sécurité solide au-delà des aides directes est nécessaire et qu’il convient d’imaginer de nouveaux dispositifs permettant de répondre à la volatilité des prix. « Il en va, a-t-il expliqué, de la capacité du secteur à investir, à innover et à attirer les jeunes » qui, comme l’a déploré le Conseil européen des jeunes agriculteurs (CEJA), sont de moins en moins nombreux à s’installer comme agriculteur. Son président , Joris Baecke, a préconisé que l’aide à l’installation devienne obligatoire dans la nouvelle Pac et que l’UE dispose d’un paquet financier pour les jeunes. (AC,FXS) lundi 26 juillet 2010
Pac 2013 : les organisations françaises et européennes saluent l’esprit d’ouverture de la conférence initiée par Dacian CiolosGuy Vasseur, président de l’APCA, a déclaré que « cette conférence (…) confirme les fortes attentes qui s’expriment vis-à-vis de l’agriculture : sécurité alimentaire, dynamisme de tous les territoires européens, réponses aux enjeux climatiques et environnementaux. La future Pac devra apporter des réponses opérationnelles ». Pour les chambres d’agriculture, il convient d’insister sur l’enjeu de la sécurité alimentaire, qui suppose « un accès à l’alimentation pour tous, y compris les plus démunis, et une véritable régulation des marchés pour garantir une offre alimentaire diversifiée et de qualité et l’existence même de l’agriculture ». Pour la Confédération paysanne, qui salue l’esprit d’ouverture et d’écoute de ces deux jours d’échanges, cette conférence constitue « un espoir pour les paysans ! ». En effet, la participation d’un vaste public à la consultation a permis de montrer qu’en Europe, dans tous les pays, de nombreuses organisations, associations, syndicats, ONG, ou simples citoyens défendent ou souhaitent défendre une agriculture européenne variée, inventive, qui sache faire face aux défis économiques, sociaux et écologiques, d’aujourd’hui ». Pour l’EMB, « il y a eu une convergence d’opinions sur le fait que la politique agricole de l’UE doit être réformée en profondeur ». Les représentants de l’EMB ont mis l’accent « sur la nécessité d’orienter la future politique vers les intérêts des producteurs de lait et des consommateurs car la société est davantage engagée dans la définition des objectifs et des instruments de la politique agricole commune ». Dacian Ciolos, le commissaire à l’agriculture, a souligné que « la politique agricole commune est l’affaire de tous ». « C’est également notre avis », a conclu l’EMB. lundi 26 juillet 2010
« Donner peu de place à l’agriculture industrielle »«Un point de vue récurrent, surtout parmi le grand public, a trait au fait que l’agriculture “industrielle” devrait avoir peu de place dans la Pac, les aides devant être accordées de préférence à des bénéficiaires plus méritants (aux agriculteurs des zones défavorisées ou des régions montagneuses, aux agriculteurs bio ou à une ou plusieurs des autres catégories mentionnées) ». Ainsi, « un grand nombre de participants, issus de toutes les couches de la société, déclarent que la Pac devrait viser à maintenir des systèmes agricoles diversifiés à travers l’Europe, en particulier dans les régions reculées, et à garantir la distribution de biens publics variés ». C’est là l’une des principales orientations qui se dégagent du débat organisé du 12 avril au 11 juin sur internet par le commissaire européen à l’agriculture, Dacian Ciolos, selon une synthèse, établie par les services de la Commission, des quelque 5 700 contributions reçues du grand public, des parties prenantes et des groupes de réflexion et autres instituts de recherche.
Une série de « directions à suivre » sont identifiées dans cette synthèse, qui est basée sur un résumé des contributions confié à un groupe d’experts indépendant :
– sécurité alimentaire, « à l’aide de divers instruments » ;
– innovation ;
– « transformer les instruments de gestion des marchés en un outil moderne de gestion des risques et des crises »;
– « reconnaître que le marché ne peut pas (ou ne veut pas) payer pour la fourniture de biens publics (c’est à ce niveau que les pouvoirs publics doivent compenser la défaillance du marché) » ;
– « protéger l’environnement et la biodiversité, préserver les zones rurales, soutenir l’économie rurale et préserver/créer des emplois ruraux, atténuer les effets du changement climatique » ;
– « repenser la structure des deux piliers de soutien et clarifier la relation qui les unit » ;
– « mettre à disposition des ressources suffisantes pour assurer le succès du développement rural » ;
– « mettre en œuvre une Pac plus équitable – plus équitable pour les petits agriculteurs, les régions moins favorisées, les nouveaux États membres » ;
– « introduire la transparence à toutes les étapes de la chaîne alimentaire, et donner plus de poids aux producteurs » ;
– « établir des conditions de concurrence loyales entre les produits européens et les produits importés » ;
– « éviter de saper les économies ou les capacités de production alimentaire des pays en développement et contribuer à la lutte contre la faim dans le monde ».
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