Identification Abonnement

Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Vendredi 03 mars 2017

Déboussolés


« Déboussolés », « on ne sait pas à quoi s’en tenir », « allez comprendre »… Les qualificatifs interrogatifs se sont ajoutés les uns aux autres de la part des professionnels présents au Salon de l’agriculture édition 2017. Il faut dire qu’entre un inconnu du secteur nommé Emmanuel Macron, une candidate FN aux mots d’ordre nationalistes aux antipodes des responsables professionnels agricoles et un François Fillon aux idées plutôt appréciées mais dont personne ne pouvait être sûr que sa candidature perdure, il y avait de quoi être déboussolé. C’est donc davantage par curiosité que les professionnels les accueillaient sur leurs stands qu’avec des revendications bien précises.

Cette absence de repères pour les cinq années à venir est d’autant plus grave pour un secteur qui dépend très étroitement des pouvoirs publics pour son avenir. La régulation espérée des marchés, l’allègement revendiqué des normes de production, le soutien demandé aux exportations… Le monde agricole est sans doute le secteur économique qui dépend le plus de l’intervention de l’Etat ou de l’Europe. Peut-être trop. C’est ce qui donne aux salons de l’agriculture, tous les ans, de fin février-début mars, inauguré traditionnellement par le chef de l’Etat, une allure si politique. Il aura donné en tout cas aux candidats à l’élection présidentielle prochaine une occasion inespérée de présenter leurs programmes, soit en direct, soit par interview. Mais, à deux mois de la présidentielle, la question n’était plus tant de savoir qui va être élu que de savoir qui va se présenter.

Hervé Plagnol, rédacteur en chef



Téléchargement