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Vendredi 12 janvier 2018

Crash test sur l’affaire Lactalis


Le 11 janvier, la machine s’est emballée autour de l’affaire Lactalis. Quand la presse a commencé à accuser l’État de ne pas avoir fait correctement son travail de contrôle, les ministres sont sortis de leur réserve pour se défendre, voire balancer. Stéphane Travert, à l’Agriculture, et Bruno Le Maire à l’Économie, ont dénoncé les « défaillances » à tous les étages, les « dysfonctionnements » avérés. « Le risque aurait été réduit si chaque opérateur avait fait son travail », a lancé Stéphane Travert. Et Bruno Le Maire d’expliquer que s’il a dû prendre un arrêté de rappel-retrait le 9 décembre, c’est parce que « l’État s’est substitué à une entreprise défaillante » après une convocation houleuse d’Emmanuel Besnier, p.-d.g. de Lactalis. Il n’empêche, si l’on reproche à Lactalis de n’avoir rien fait alors qu’elle savait, on reproche aux services de contrôle de n’avoir pas regardé là où il faut. Et que dire de la grande distribution ? À partir du 10 janvier, nombre d’enseignes ont reconnu qu’elles avaient laissé passer des boîtes de lait infantile à travers les mailles du filet. Tout en s’excusant, elles dénoncent les cafouillages dans les consignes de retrait et les numéros de lots fournis au fil du temps. Alors, là encore, le ministre tape du poing sur la table et veut imposer une procédure. Tout cela laisse un sentiment de malaise, où tout le monde se renvoie la balle. Les dysfonctionnements des retraits sont-ils liés aux défaillances de Lactalis, ou bien à l’incapacité de la grande distribution à mettre en œuvre de telles procédures ? Au détriment des bébés malades, cette affaire Lactalis fait figure de crash test sur la sécurité sanitaire française.

Nicole OUVRARD



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