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Vendredi 24 novembre 2017

Contradiction


« Il est temps de dire la vérité », titrait un communiqué de presse de la FNSEA, daté du 23 novembre. Le syndicat met en exergue la contradiction entre la volonté politique du gouvernement de faire monter en gamme l’agriculture et l’alimentation françaises et, en même temps, son soutien à l’ouverture aux frontières européennes de produits alimentaires « dont les vertus sociales et environnementales sont loin de nos standards », avec le Ceta et l’accord UE-Mercosur. Même condamnation de la part de la Coordination rurale qui est allée cette semaine effectuer des prélèvements sur du soja dans les ports bretons pour mesurer le taux de glyphosate.

La question en creux est : à quoi sert cette grande séance collective de « brainstorming » que sont les États généraux de l’alimentation si tous les efforts sociétaux et environnementaux – qui auront forcément un coût – sont détruits par des importations massives issues de pays plus compétitifs et moins regardants ?

En 2016, Stéphane le Foll a décidé l’interdiction du diméthoate sur les cerises. Pour éviter des distorsions de concurrence, il a instauré une clause de sauvegarde nationale visant à interdire l’importation de cerises venant de pays autorisant le diméthoate sur cerises.

Et si le glyphosate était interdit dans l’UE, ferait-on jouer la clause de sauvegarde contre tous les maïs, soja et canola résistants au glyphosate ? Donc vis-à-vis de toutes les Amériques ? Ce serait une formidable manière de résoudre notre problème de dépendance aux protéines végétales, mais c’est impossible. D’autant qu’il faudrait aussi fermer les frontières à la viande dont les coûts de production s’envoleraient… Or, les accords de libre-échange font tout le contraire.

Nicole OUVRARD



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