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Vendredi 24 novembre 2017

Confrontation et frustration dans l’atelier 8 des États généraux de l’alimentation


Même sa présidente reconnaît que « ce n’est pas facile » ! Il semble que les débats aient tourné à la confrontation dans l’atelier 8 des États généraux, consacré à la sécurité alimentaire. Ces débats ont, semble-t-il, créé beaucoup de frustration chez les participants, qui regrettent de tous bords le manque de propositions concrètes.


L’atelier 8 des États généraux de l’alimentation a pour mission : « Assurer la sécurité sanitaire de l’alimentation française dans une économie agroalimentaire mondialisée et dans un contexte de changement climatique tout en prévenant les contaminations chimiques ». Vaste programme ! Pour ce faire, Marion Guillon, présidente d’Agreenium et présidente de l’atelier 8, qui comprend une soixantaine de personnes, a fait travailler les participants par petits groupes afin des dégager les propositions les plus consensuelles. « Une vingtaine de propositions ont été retenues, sur une soixantaine au départ, qui figureront dans le rapport final, en signalant les dissensus. Il y a un respect mutuel, même s’ils ne sont pas d’accord sur beaucoup de points, reconnaît-elle. Je ne dirais pas que c’est facile et je ne garantis pas le résultat ».

Deux planètes différentes

« Marion Guillou a fait le boulot, mais on est sur deux planètes différentes, résume Pascal Ferey (APCA), avec d’un côté des tenants de la décroissance, très axés sur les nanotechnologies et les perturbateurs endocriniens, comme Générations futures ou Foodwatch, qui nient la réalité, et de l’autre des gens qui disent qu’il existe des réglementations européennes ou internationales » qui doivent être respectées. Même s’il n’a pas assisté à la dernière réunion, Pascal Ferey prédit que les résultats risquent d’être « filandreux ». Selon lui, les récentes demandes à l’Anses pour que celle-ci de nouvelles analyses sur le sulfoxaflor, ou les volontés de remettre en cause les conclusions de l’Anses sur le glyphosate compliquent les débats : « On a un vrai trouble psychologique car 70 % des participants croient dans les avis scientifiques (des agences, ndlr) et 30 % n’y croient pas ».

Frustré de « ne pas se sentir écouté », le représentant de la Coordination rurale, Max Bauer, a même claqué la porte à l’avant-dernière réunion, rapporte-t-il. Il résume les débats d’un mot : « frustration », et regrette le trop grand nombre de participants, notamment d’ONG.

Les ONG voudraient parler des contaminants chimiques

Même sentiment du côté des ONG. « Nous étions plusieurs organisations à vouloir parler des contaminants chimiques, mais ça n’a pas été évident de faire rentrer ce genre de sujet dans les débats », rapporte Karine Jacquemard, directrice générale de Foodwatch. Résultat : « Il y a certaines actions concrètes sur la gestion de crise par exemple, mais sur les sujets qui nous tiennent à cœur, nous avons peu d’avancées et on enfonce des portes ouvertes. Le sujet a tout de même été reconnu comme important ».

L’ONG demande un portage politique des recommandations sur les contaminants chimiques, via une mission parlementaire ou interministérielle, afin qu’elles puissent déboucher sur des mesures. La dernière version des fiches actions de cet atelier sera envoyée aux participants le 30 novembre, pour validation de leur part avant le 4 décembre.

Les fiches actions portent sur cinq thèmes, dont la prévention des risques chimiques et des risques émergents (nano-technologies, perturbateurs endocriniens), l’optimisation des moyens de l’État sur le sanitaire ou les nouveaux modes de commercialisation (e-commerce). Mais aucun participant ne parvient à citer une mesure forte qui se dégagerait de ces documents.

« On a un vrai trouble psychologique car 70 % des participants croient dans les avis scientifiques et 30 % n’y croient pas ».

MR