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Vendredi 17 février 2017

Concurrence


Encore une fois, avec plus ou moins de rigueur, les fournisseurs des grandes surfaces, industries alimentaires, producteurs agricoles se voient imposer une règle de fer : la baisse des prix des produits alimentaires. Si le dialogue distributeurs-fournisseurs fonctionne mieux cette année, la réalité est sévère : les prix de vente aux grandes surfaces sont totalement déconnectés des prix de revient en agriculture et en industrie agroalimentaire.

La situation ne changera pas de sitôt tant que l’amont agricole ne pourra rééquilibrer les termes de l’échange en créant des structures capables de dialoguer d’égal à égal, ou presque, avec les grandes centrales d’achat. Pour cela, les agriculteurs d’un côté, les industriels de l’autre doivent pouvoir, d’une manière ou d’une autre se mettre d’accord. Mais on sait qu’ils tomberont tout de suite sous le coup des lois de défense de la concurrence. Et pourtant il n’y a pas de fatalité.

Les pouvoirs publics pourraient y remédier de façon simple : réformer le droit de la concurrence en faisant que l’Autorité qui le défend tienne compte de deux facteurs : 1. Que l’univers de concurrence considéré soit l’Europe et non strictement la France. 2. Que soit prise en compte, pour atténuer la rigueur du droit, la relation de dépendance économique à l’égard du client. Ainsi, plusieurs groupes de producteurs, même majoritaires en France mais très minoritaires en Europe, pourraient peser ensemble, plus lourds face à leurs clients. L’Europe, dont le parlement vient de voter la nécessité d’une dérogation des produits alimentaires au droit de la concurrence, accepterait sans doute une telle réforme. Quant au risque d’inflation, probablement invoqué par les distributeurs, il est aujourd’hui à peu près nul.

Voilà une belle réforme qui devrait être proposée aux candidats à la présidence de la République.

Hervé Plagnol, rédacteur en chef



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