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Vendredi 09 février 2018

Charcuterie : Brocéliande se lance dans le porc 100 % sans antibiotiques


La marque de la Cooperl franchit un pas de plus sur le marché du « sans » en proposant des produits sans antibiotiques dès la naissance, et non plus seulement après le sevrage. Elle compte vendre 7 millions de produits en 2018.


Brocéliande monte d’un cran son exigence en termes d’antibiotiques : à partir du 1er mars, tous les produits de sa gamme « bien élevés » seront élaborés à partir de porcs n’ayant jamais reçu de traitement antibiotique depuis leur naissance. Alors qu’auparavant, les éleveurs étaient autorisés à en utiliser jusqu’au sevrage des porcelets.

« Nous répondons de cette manière aux exigences des consommateurs qui veulent des produits issus de filières prenant en compte le bien-être animal et les méthodes d’élevage », souligne Thierry Du Teilleul, responsable marketing du groupe Cooperl. La marque a construit son identité depuis 4 ans sur cette promesse qui lui réussit du côté des clients. En 2017, 5 millions de produits Brocéliande se sont vendus (dans 2 500 grandes surfaces), soit deux fois plus qu’en 2016. La marque est le premier contributeur à la croissance du marché de la charcuterie en 2017, comme en 2016. Elle a choisi un positionnement juste au-dessus du cœur de marché : pour le jambon supérieur, son prix public est 15 % au-dessus du jambon supérieur Fleury Michon. Brocéliande, grâce notamment à sa nouvelle promesse, vise cette année la vente de 7 millions d’unités.

500 000 porcs répondront au nouveau cahier des charges en 2020

Un des enjeux pour Brocéliande est sa capacité à alimenter le marché. La marque de la Cooperl compte bien convaincre davantage de producteurs adhérents d’adopter son nouveau cahier des charges. « Ce sont aujourd’hui 55 éleveurs engagés, et dans les prochaines semaines ils seront 75 à adhérer à cette démarche », explique Thierry Du Teilleul. « À plus tong terme, nous pensons pouvoir élever 500 000 porcs par an sans antibiotiques dès la naissance à partir de 2020 », poursuit-il. À cette échéance, la coopérative prévoit d’avoir 3 millions de porcs par an élevés sans antibiotiques (soit 50 % du cheptel), dont 2,5 millions seulement après le sevrage et un demi-million dès la naissance. La marque de la Cooperl n’est pas la première à avancer cette promesse de suppression des antibiotiques dès la naissance, mais selon elle la différence et à chercher dans l’ampleur de son engagement : elle est le premier opérateur à franchir le pas dans de telles proportions.

Pour les éleveurs, qui doivent adopter de nouvelles pratiques (phytothérapie, homéopathie, vaccination, etc.) et parfois adapter leurs équipements pour obtenir une meilleure qualité de l’air ou de l’eau, ce cahier des charges plus exigeant se traduit par des coûts supplémentaires qui sont absorbés par la coopérative qui achète les porcs 5 à 10 % plus cher qu’un animal issu d’un élevage conventionnel.

Exportation vers la Chine

Enfin, Brocéliande va devoir aussi élargir ses canaux de distribution. Elle n’est vendue pour l’instant que dans 2 500 grandes surfaces au niveau national et ses plus grosses ventes se font en région parisienne et dans l’Ouest. Elle est présente dans toutes les enseignes, sauf chez Intermarché, un distributeur que la marque veut convaincre cette année. L’export est aussi une piste. « Notre jambon bien élevé est le seul jambon cuit français à avoir obtenu l’agrément pour exporter en Chine, un marché où il rencontre du succès et se positionne sur un créneau haut de gamme », explique Thierry Du Teilleul. Les lots qui sortent de l’usine de Villers-Bocage (Calvados) sont expédiés par avions et distribués dans une centaine de points de vente. Brocéliande réalise environ 5 % de ses ventes à l’international.

Brocéliande n’est pas la première marque à promettre la suppression des antibiotiques dès la naissance, mais elle est la seule dans l’ampleur de son engagement

CB



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