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Vendredi 23 novembre 2018

Chambres d'agriculture et démographie


Entre 1983 et 2007, le nombre d’agriculteurs en droit de voter aux élections professionnelles a diminué de presque deux tiers (65 %). Pendant ce temps, celui des anciens exploitants a augmenté de plus de moitié. Ce constat établi par le chercheur Serge Cordellier, dans la revue Pour en 2013, n’est pas nouveau : l’agriculture française est soumise à un bouleversement démographique permanent. À l’approche des élections aux chambres d’agriculture, ce constat rappelle qu'il est hasardeux de prédire le résultat des prochaines élections professionnelles sur la base des précédentes. Autrement dit : toutes les tentatives de prolonger des courbes, des tendances observées durant les précédents scrutins, se heurteront à une très forte incertitude. Selon les textes de Serge Cordellier et son collègue Roger Le Guen, l'effondrement démographique, qui touche davantage les petits exploitants, a probablement précipité la chute du Modef. Seul adversaire de la FNSEA et des JA dans les années 70, le Modef comptait encore 9,84 % des suffrages en 1983, seulement 1,96 % en 2013. Une des principales pistes d'explication, avec la mise en place du pluralisme syndical dans les années 1980, c'est la disparition d'une très grande partie des petits agriculteurs qu’elle défendait au travers du vocable d'« agriculture familiale ». Il est de coutume de dire que les choses vont lentement en agriculture. La démographie agricole prouve le contraire, et pourrait réserver des surprises en janvier prochain.

Mathieu ROBERT



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