La crise économique et financière est-elle un argument pour obliger la Pac à se serrer la ceinture ? C’est en tout cas ce que considère un groupe de sept Etats membres, dont l'Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark et, bien entendu, le Royaume-Uni. Selon eux, les dépenses agricoles prévues par la Commission européenne pour l’année prochaine, pourtant gelées à leur niveau de 2010, doivent être revues à la baisse. D’autant que d’autres postes budgétaires pourraient avoir besoin de plus d’argent. Une bonne partie de leurs partenaires, parmi lesquels la France, ne sont pas d’accord avec cette cure d’amaigrissement, même si leur opposition semble à certains égards un peu molle. Quoi qu’il en soit, ces divergences, qui ne sont pas surprenantes, donnent un avant-goût des marchandages à haut risque auxquels les Vingt-sept vont bientôt se livrer dans le cadre des négociations sur la Pac et le financement des autres politiques communautaires après 2013. Les organisations syndicales, tout comme la commission compétente du Parlement européen, sont aujourd’hui réalistes : l’hypothèse de départ ne peut être que le maintien du budget agricole « au moins » à son niveau de 2013. Dans le contexte actuel, ce gel serait déjà une victoire.
Dans plusieurs départements les personnels de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) qui incluent notamment les agents vétérinaires de contrôle ont prévu des actions de protestation contre la dégradation des conditions d’exercice de leur mission. En cause, les conséquences de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) et les restrictions d’emplois qui en résultent. Dans le Calvados par exemple, une lettre ouverte au préfet estime que « la non-reconduction des contrats des personnels vacataires en abattoir après mars 2012 met en péril la sécurité et la loyauté des aliments mais aussi la santé et la protection des animaux et de l’environnement. » La lettre, signée par la CGT, FO, la CFDT et l’Unsa, estime que « les rythmes de contrôles ont considérablement diminué dans certains secteurs comme la distribution ou la restauration collective ». De plus, en abattoir, selon la lettre des syndicats, « la non-réalisation par manque d’effectifs de missions en abattoir comme l’inspection ante-mortem, la délégation de compétences à des organismes privés, risqueront sans nul doute de contribuer à la dégradation d’une situation sanitaire maîtrisée vers des crises sanitaires majeures. »