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Vendredi 17 mars 2017

Brexit : le commissaire européen à l’agriculture met en garde contre les « vendeurs de rêves »


La reine Elizabeth a donné le 16 mars son « consentement » à la loi autorisant la première ministre britannique Theresa May à activer l’article 50 du traité européen qui lancera les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Ce que Londres entend faire d’ici la fin du mois. Le même jour, le commissaire européen à l’agriculture, Phil Hogan, qui intervenait devant le congrès des producteurs de lait français (FNPL) (1), s’est dit « terriblement déçu » qu’une majorité d’agriculteurs britanniques aient voté en faveur du Brexit, « attirés par une vision séduisante, vendue par des politiciens (leur promettant) que leur situation serait meilleure à l’avenir grâce à une renationalisation de la Pac ».

La veille, lors des élections législatives aux Pays-Bas, le premier ministre libéral, Mark Rutte avait battu son rival populiste et eurosceptique Geert Wilders.

En fait, a poursuivi Phil Hogan, la déclaration la plus récente du gouvernement britannique indique que « la politique agricole renationalisée ne garantit pas d’aide aux revenus au-delà de 2020 ». Et la probabilité de quitter le marché unique et l’union douanière rend les exploitants britanniques « de plus en plus inquiets pour leur avenir ».

« Il y aura toujours des responsables politiques pour vendre des rêves complètement déconnectés des faits et de la réalité », a averti le commissaire européen, posant la question de savoir si les agriculteurs français vont suivre l’exemple britannique, « c’est-à-dire se retrouver avec des revenus incertains, sans un filet de sécurité solide ».

Phil Hogan a également remarqué que le Royaume-Uni envisage de conclure rapidement un accord de libre-échange « favorable » avec les États-Unis pour « compenser ses pertes économiques après sa sortie de l’Union ». « Mais que devra-t-il sacrifier pour obtenir un tel accord ? », s’est-il demandé, prédisant que celui-ci « entraînera inévitablement un abaissement des normes alimentaires, ce qui pourrait conduire à l’introduction de bœuf aux hormones ou de poulet chloré au Royaume-Uni ». Un abaissement des normes que l’UE n’accepterait « jamais ».

(1) Voir même numéro

FXS



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