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Vendredi 29 septembre 2017

Boycott régional


La coupe est pleine, les Régions ne peuvent plus. Marre d’être pressées comme des citrons. Cela faisait quelques mois que le feu couvait entre le gouvernement et les Régions de France. Le déplacement d’Edouard Philippe à leur congrès, le 29 septembre, pour venir leur annoncer qu’il leur supprimait, sans sommation, un fonds de 450 millions d’euros destiné à financer les nouvelles compétences économiques des régions, a été l’étincelle. Alors stop. Le président de Régions de France, Philippe Richert, a annoncé que les Régions allaient boycotter non seulement la conférence nationale des territoires, l’instance de dialogue État-collectivités lancée par Emmanuel Macron le 17 juillet dernier, mais aussi les États généraux de l’alimentation. Depuis la loi NOTre, les Régions tiennent une position bien inconfortable: on leur a donné davantage de compétences, mais sans leur confier les rênes. C’est exactement ce qui se passe concernant les aides bio: les Régions ont le pouvoir d’orienter les enveloppes, mais sans avoir la maîtrise pour les distribuer, étant donné que l’Agence de service et de paiement (ASP) est centralisée au niveau national. On ne transforme pas aussi facilement un État jacobin en un État fédéral. Combien de temps durera le bras de fer entre Edouard Philippe et Philippe Richert ? Car l’un a besoin de l’autre, et vice-versa. Pour l’instant, avec sa politique de la chaise vide, l’avantage est à Richert. D’autant qu’avec les faiblesses budgétaires apparues ces dernières semaines pour financer le 2e pilier de la Pac, le ministre de l’Agriculture ne peut pas se permettre de se passer des Régions. Sans parler du plan de 5 milliards d’euros...

Nicole OUVRARD



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