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Vendredi 25 mai 2018

Boomerang


Au cours de ce mois de mai, nous avons eu droit à toute une série d'articles et documentaires sur le bilan de l’action d’Emmanuel Macron après un an à la tête de l’Etat. Cette semaine, à l’occasion du démarrage des débats en séance publique du projet de loi issu des Etats généraux de l’alimentation, c’est un bilan sur sa politique envers les agriculteurs qui a été tiré. Et il est sévère. Même si les échanges à l’Assemblée nationale ne font que commencer, il est déjà très clair que la loi « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et agroalimentaire et une alimentation saine et durable » va faire beaucoup de mécontents. Il faut dire que le président de la République et son gouvernement avaient mis la barre tellement haut en termes d’espoir, voire d’espérance, que la déception des uns et des autres leur revient comme un boomerang. Tant Stéphane Travert qu’Emmanuel Macron avaient martelé que les agriculteurs seraient demain payés « au juste prix », que l’inversion de la proposition contractuelle allait tout révolutionner, que les entreprises qui les traiteraient mal seraient mises au pilori avec la mesure name and shame. Mais plus les débats avancent et plus le soufflé retombe, sous le poids de la dure réalité des contraintes économiques et politiques.  Les partis politiques de l’opposition s’en sont donnés à cœur joie, mais aussi les syndicats agricoles, en particulier la FNSEA qui avait joué à fond le jeu des Etats généraux. Et les revirements dont a fait preuve le député Jean-Baptiste Moreau sur plusieurs de ses amendements ne sont pas là pour rassurer, laissant un sentiment de manque d’expérience. Que dire des annonces sur le fameux plan de 5 milliards ? « Où est l’argent frais ? », se demande un député. À la Conf’, on parle d’enfumage.

Nicole OUVRARD



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