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Vendredi 27 juillet 2018

Aux mêmes causes les mêmes effets


C’est fait. La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) s’est enfin prononcée sur l’affaire concernant la mutagenèse dirigée qui oppose un collectif de 9 associations anti-OGM contre le gouvernement français. Cette affaire avait été portée devant la CJUE par le Conseil d’État en octobre 2016. Que dit-elle ? Les organismes obtenus par mutagenèse sont des OGM, donc soumis aux obligations de la directive sur les OGM.

Tout cela sent le déjà-vu. Si la Confédération paysanne, le réseau Semence paysanne et les autres associations sont montés au créneau sur la mutagenèse dirigée, c’est parce qu’elles voyaient dans l’avènement des variétés de colza résistantes à un herbicide, la réplication de ce qui s’est passé avec les maïs résistants au glyphosate. Si la mutagenèse dirigée avait continué à mettre au point des variétés résistantes à des maladies ou tolérantes à des stress, sans doute ne s’y seraient-elles pas autant intéressées. Mais la résistance à un herbicide, quel qu’il soit, ce n’est pas acceptable. L’occasion était trop belle.

Les semenciers savent pourtant que ce dossier des cultures résistantes à un herbicide est ultrasensible en Europe. Mais ils font toujours la même erreur de démarrer par là parce que sans doute c’est la plus facile à obtenir et que c’est attendu des agriculteurs.

Mais ça ne passe pas ! Et désormais, les semenciers européens sont dans une situation dramatique. Car derrière cette décision de justice se cache tout le débat sur les nouvelles techniques de sélection (NBT). Bruxelles ne pourra plus faire l’économie d’une mise à jour de sa législation qui date de 2001. Et cela ressemble fort à une boîte de Pandore.

Directrice des rédactions

Nicole Ouvrard



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