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La Fnab manque de moyens pour accompagner les conversionsLa Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab) a annoncé, lors de son congrés les 30 et 31 mars à Dijon (Côte d’Or), le lancement d’une marque privée équitable. Elle a tiré la sonnette d’alarme sur les difficultés à accompagner les nombreux agriculteurs qui se convertissent à la bio. Le lien entre agriculture biologique et politique de l’eau a été au cœur des débats. Le point fort du congrès a été la présentation de la future marque de la Fnab dont le lancement officiel est prévu le 12 avril. La réflexion sur la création de cette marque a commencé en 2007 avec un ensemble de partenaires parmi lesquels les magasins Biocoop et Biomonde. Devant l’impossibilité de maintenir le standard de qualité du réglement français face à un nouveau réglement européen assoupli, ces partenaires ont envisagé de créer une marque privée. La marque continuera d’exiger le niveau zéro d’OGM (seuil de détection à 0,01% au lieu de 0,9%), d’interdire la mixité des productions bio et non bio sur une même exploitation, d’exiger la production d’au moins 50% de l’alimentation animale sur l’exploitation ou à proximité, de limiter davantage la concentration d’animaux par élevage ainsi que le nombre de traitements allopathiques à trois par an. Elle proscrira l’élevage « hors sol ». A ces exigences, s’ajouteront des normes sociales et environnementales ainsi qu’une démarche de progrès pour l’agriculteur. Ces nouveaux critères en feront une « marque équitable ».
« Ce sont les producteurs bio qui ont créé le premier cahier des charges, nous sommes capables d’en faire un deuxième », a confié Dominique Marion, président de la fédération.
Un manque à gagner de 40%
Le congrès a été l’occasion d’évoquer un sujet d’inquiétude. La Fnab peine à suivre les 300 conversions par mois (soit environ 10 jours). Les nouveaux venus à l’agriculture biologique ont un grand besoin d’accompagnement, des démarches administratives à la vente des produits en passant par les conseils agronomiques. Nombre d’entre eux rejoignent les rangs de la Fnab et changent de filière du tout au tout, selon son président. Le syndicat regroupe aujourd’hui environ 15 000 paysans bio avec une représentativité estimée à 70% de la profession. Cependant, les crédits d’animation de la Fnab, qui compte 250 salariés répartis dans toute la France, ont baissé de 10% à 20% par an plusieurs années de suite jusqu’en 2007 et sont restés stables depuis (2,7 millions d’euros en 2010).
« Le manque à gagner est de plus de 40% », explique Dominique Marion, président de la Fnab.
Les responsables du syndicat ont rencontré ces derniers jours des responsables du ministère de l’Agriculture et de l’Elysée pour souligner les difficultés actuelles et prévenir que le manque de moyens pourrait compromettre les objectifs du plan Barnier en faveur de l’agriculture biologique. (AFR) lundi 05 avril 2010
L’eau au centre des débatsL’eau a été au centre des débats du 31 mars. Les congressistes étaient d’accord pour que l’agriculture biologique prenne plus de place dans la politique de l’eau. Les systèmes mis en place en agriculture conventionnelle n’ont pas permis d’améliorer la qualité des eaux en France. Les analyses montrent que les eaux de surface, souterraines et des nappes phréatiques, sont toujours polluées.
« A une époque, les agences de l’eau refusaient que l’on parle de l’agriculture biologique dans la politique de l’eau. Aujourd’hui, elle est reconnue comme la meilleure solution pour avoir une eau de qualité », explique Henri Thépaut, ancien président de la Fnab. Et de citer les engagements des agences de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, de Seine Normandie et de Loire-Bretagne. Ainsi que la décision de la commune de La Rochelle, propriétaire de la régie de distribution de l’eau de la ville, qui a décidé d’acheter les terres des zones de captages et d’y installer des paysans bio. Reste un écueil à éviter : « Certaines agences complètent les aides à la conversion mais cela pose des problèmes de concurrences entre producteurs. Il faut trouver un équilibre », a expliqué Henri Thépaut.
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