Identification Abonnement

Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Vendredi 27 avril 2018

2018, année de clarification


Qu’il s’agisse de la construction des prix payés aux agriculteurs aux accords de libre-échange, en passant par le soutien à la bio ou le budget de la Pac, l’année 2018 sera celle des clarifications entre un gouvernement jusqu’ici très flou et un monde agricole en plein doute. La première clarification a déjà eu lieu, en janvier, lors des vœux à la ruralité : le libre-échangisme assumé d’Emmanuel Macron ne souffrira pas d’une exception agricole, ou à la marge. L’accord UE-Mercosur concernera l’agriculture, et chose rare, le président ne se cache pas derrière Bruxelles pour justifier cette décision : il l’assume sur le terrain même des principes. Pour lui, l’ouverture des frontières est une bonne chose, y compris pour l’agriculture. La « montée en gamme », prônée par le président, ne sera donc pas permise par le maintien de protections douanières fortes, comme pouvaient le penser certains ; au contraire, si le gouvernement appelle le secteur agricole à monter en gamme, il semble que c’est justement pour qu’il se prémunisse d’une concurrence étrangère dont il apparaît qu’elle sera de moins en moins freinée par les droits de douane. La seconde clarification s’opère depuis quelques jours à l’Assemblée nationale : la majorité parlementaire n’imposera pas d’interdiction d’acheter des produits agricoles en dessous de leurs coûts de production. Là encore, le libéralisme économique, assez classique, assumé par le candidat Macron ne souffrira visiblement pas d’une exception agricole.

Mathieu ROBERT, rédacteur en chef adjoint



Téléchargement